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À paraître...


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... et dans l'atelier


Il s'agit de la suite de L'Oca nera : des récits mêlés sur le Vercors, sur la fin de la vie de Simone Waro, ci-devant Mireille Provence, et sur le mystérieux Oberland.

Aamon
Roman


À Mauzac, Simone fait la connaissance d’une autre espionne qui jouit d’un grand prestige auprès des prisonnières, et même des gardiens, pour avoir été la maîtresse de Mussolini. Le greffe l’a enregistrée sous le nom Madeleine Jeanne Corabœuf, mais ce bœuf la révulse et, au contraire de l’espionne du Vercors, elle exige de ses consœurs qu’on lui rende son nom de gloire, Magda Fontanges. Durant les promenades, elle fait salon, une nuée de femmes autour d’elle, comme des mouches attirées par la goutte de parfum déposée sur ses tempes (Joy, de Jean Patou : un an de son pécule n’y suffirait pas ; comment se l’est-elle procuré ?), les moucheronnes les plus acharnées à la suivre, vives et vibrionnantes, plus échauffées que les vieilles mouches à bœuf, qui la soupçonnent d’affabuler. Ce n’est qu’un effet de sa désinvolture ; elle se raconte à la diable, produisant sa vie au gré de l’humeur, par fragments incohérents, mêlant les facéties de Fernandel, les trois poules de Mussolini et les lits de luxe peuplés de malfrats, digne de plusieurs vies simultanées, comme Padre Pio l’ubiquiste, en y laissant par malice, ou par indifférence, bailler des silences que son crédule auditoire imagine cacher d’indicibles turpitudes...


Une variation sur Phèdre : dans le Grésivaudan, pays de litiges et de papeteries, et sous l'Occupation.

Le carnet à spirale Tombeau de Phèdre
Théâtre-poème


Dans la pénombre d’un porche un fantôme. fille des rues, dévisageant les passants. ses yeux charbonnent dans la pénombre. une lueur parfois y fulgure. toi qui verse goutte à goutte le désir dans les yeux. ou bien pleure-t-elle ? l’enseigne du Θ      Ε   Σ la bleuit à intervalles, puis rien que la braise de sa cigarette. tout à coup, une ampoule s’allume sous le porche, comme si un dieu entrait en scène. un jeune homme, cheveux bouclés, jean moulant, mauvais genre. l’héroïne titube. son rire muet. la cigarette à ses pieds rougeoie. elle est dans ses bras, on ne voit plus que son visage adolescent posé sur l’épaule du garçon. ses lèvres bougent, une plaie rouge. elle parle sans voix, non à celui qu’elle aime, mais aux passants, à la rue, à la ville entière, comme ces comédiennes sur le bord de l’estrade apostrophant les ombres entassées au parterre. l’ampoule s’est éteinte. le garçon souffre, serré contre elle, sa main glisse. elle rit, un rire pénible, silencieux, figé dans le masque, qui suffirait à vous dégoûter de l’amour. il faut en être bien frustré pour que cette triste apparition semble un éden. le feu ni les étoiles n’ont trait si brûlant.


Ce devait être un recueil pour les enfants ‒ peut-être en reste-t-il quelque chose ‒ et puisqu’il n’est pas, pour eux, de poésie sans mesure, des manières de sonnets. Votre âme, disait l’autre, est un paysage choisi. La mienne, près de la petite Romane, est une volière.

Romane aux oiseaux
Poèmes


Pensant à Guillaume c’est Lou que je vois
Son visage sa gorge ses hanches son
Qui sait qui va me lire un gamin égaré
Qui courra se déniaiser chez Kostrowitsky
Pensant à Guillaume je vois long et souple
Cet oiseau infirme engendré à la Chine
Qui ne peut seul hanter le ciel et veut
Une compagne incessamment      pihis pihis
Toi qu’un destin railleur n’a nanti que d’une aile...


Ce livre sera une suite de Cabinet de société: une trentaine (?) de récits et poèmes évoquant, en profil perdu, des écrivains aimés.

Le voyage des siècles
Récits


Je ne peux écrire ces mots sans revoir le portrait que Faustina a fait de moi ce jour-là, figé dans une pose étrange, le coude levé, la main droite glissée dans le col de la chemise, repliant l’étiquette qui m’irritait, ou illustrant l’un des récits pervers de Salina, La camerata oscura peut-être, mimant ces faunes que les patriciens du fascisme aimaient dresser dans leurs jardins afin de suggérer la force vitale qui les animait. Si j’ai oublié la circonstance, en revanche je me souviens du lieu, et de ce qui s’ensuivit. Ce jour-là, au tout début de l’été, nous étions allés déjeuner à L’Archeologia, près des catacombes de la via Appia, une taverne discrète adossée à un grand jardin où, dès les beaux jours, des tables sont dressées sous les tonnelles. Rien n’est plaisant comme cette courte Arcadie découpée dans le tumulte de la ville, rafraîchie par un bassin à carpes qui miroite à l’ombre des cyprès et peuplée par deux ou trois fausses statues antiques – et parmi elles, peut-être, un grand Pan marbré de lichens, les pieds cornés plantés dans les acanthes, l’entre-jambes gonflé sous la toison bouclée et un coude levé, caressant sa nuque infestée de vermine...


Cela aurait pu être Les Indes ou Les Bains-Douches de la rue Philonarde. Il y sera question du monde et du théâtre, de la ville et du désert, de l'amour et de la solitude, de la musique et du silence...

Les Météores
Poèmes


                        ... Une page par jour
Se hâtant vers l’ultime syllabe Sans un regard
Vers le ciel glacé qui perce la lucarne
Et retient le corps de se corrompre Les toits nus
Les collines sous la neige comme perdrix tachées
Poursuivant une clarté fugitive Espérer
Et lutter contre la mort avec des mots qui laissent
Tout l’être douloureux...


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