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1917

1917

Tu vas glorieux la cerise à l’oreille
Et la bouche empourprée        sur le sein
L’étamine écarlate des Mille sans le rouge
Que serions-nous dis-tu        allons
Si manquait le murex à la mer aux cent ruses
À la terre opulente orseille et garance
Et le lourd Barbera d’Alba qui ce soir
Est mon maître de philosophie
Crois-tu que l’Histoire en eût été changée
Robespierre amolli et Lénine empêché
Que le sang dans les rues n’eût pas coulé souvent
Et parfois triomphé d’audacieux sans-culottes
Qu’importe le signe à qui veut la chose
Le blanc tout aussi bien aurait fait l’affaire
Légers voiles de noce ondoyant dans les neiges
Sous les feux de Bengale du croiseur Aurore
Rose d’hiver à la chapka       et des épithalames
Tandis qu’aux bornes de l’Asie les bandes
De Koltchak       l’aigriotte à l’oreille
Enrôlent la flamme et le sang


                          Gérard Cartier, 2013
                  (1ère version  dans Et si le rouge n'existait pas ?
                      ouvrage collectif, Le Temps des Cerises, 2009)


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